La fraude au faux client consiste à usurper l’identité d’une entreprise solvable — ou à créer une coquille crédible — pour se faire livrer des marchandises à crédit qui ne seront jamais payées. Mode opératoire récurrent : première commande importante et pressée, indifférence au prix, adresse de livraison différente du siège, interlocuteur injoignable par les canaux officiels. Six contre-mesures simples déjouent l’essentiel de ces escroqueries.
Le scénario type, vu du fournisseur
Un « responsable achats » d’une entreprise connue vous contacte : belle commande, délai de paiement standard demandé, urgence plausible (chantier, rupture de stock). Les documents fournis semblent corrects — Kbis, en-têtes, adresses email proches du domaine officiel. La livraison part vers un entrepôt « logistique »… et l’entreprise réelle, qui n’a jamais rien commandé, découvre l’affaire quand vous la relancez. La marchandise, elle, est déjà revendue.
Les 7 signaux qui doivent alerter
- Première commande inhabituellement grosse et pressée ;
- Indifférence au prix ou aux conditions — un vrai acheteur négocie ;
- Adresse de livraison tierce (entrepôt loué, transporteur « mandaté ») différente des établissements connus ;
- Domaine email approximatif : societe-groupe.com au lieu de societe.com, sous-domaines exotiques ;
- Interlocuteur injoignable par le standard officiel de l’entreprise ;
- Pression au calendrier pour court-circuiter vos vérifications ;
- Documents « trop parfaits » fournis spontanément et en nombre.
Les 6 contre-mesures qui déjouent la fraude
- Le contre-appel systématique : rappelez l’entreprise par le numéro de son site officiel — pas celui de l’email — et demandez le service achats ;
- La vérification croisée du domaine : l’email correspond-il exactement au domaine officiel ?
- La règle de l’adresse : première livraison uniquement vers un établissement déclaré de l’acheteur ;
- L’acompte de première affaire : 30 à 50 % à la commande — l’escroc disparaît, le vrai client comprend ;
- La notation acheteur : elle valide au passage l’existence et la santé de l’entité réellement facturée ;
- La procédure interne écrite : tout vendeur sait quoi vérifier avant d’ouvrir un compte — l’urgence du fraudeur se heurte au process.
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Fraude et assurance-crédit : ce qui est couvert
L’assurance-crédit couvre l’insolvabilité du débiteur réel : si l’acheteur garanti a bien commandé et ne paie pas, vous êtes couvert. En cas d’usurpation pure — le vrai titulaire du SIREN n’a jamais commandé — la question du débiteur devient juridique : d’où l’importance des contre-mesures de vérification en amont. La combinaison notation + process de vérification traite les deux faces du risque ; certaines polices de fraude dédiées complètent l’arsenal pour les profils les plus exposés.
En cas de fraude avérée, déposez plainte rapidement et signalez les faits sur cybermalveillance.gouv.fr — les schémas d’usurpation sont souvent sériels.
FAQ : la fraude au faux client
Qui paie quand un escroc usurpe l’identité de mon client ?
Si l’entreprise dont l’identité a été usurpée n’a jamais commandé, elle n’est pas débitrice : le recours se porte contre le fraudeur (plainte pénale). D’où l’importance des vérifications d’ouverture de compte — contre-appel officiel, adresse de livraison, domaine email — qui déjouent l’usurpation avant la livraison.
Le contre-appel suffit-il vraiment ?
C’est la mesure au meilleur rapport efficacité/coût : rappeler le standard officiel (numéro du site web, pas celui de l’email) et demander confirmation de la commande déjoue la grande majorité des usurpations d’identité.
Un Kbis fourni par le client prouve-t-il son identité ?
Non : le Kbis est un document public que n’importe qui peut obtenir. Il prouve l’existence de l’entreprise, pas que votre interlocuteur la représente.
Les fraudes visent-elles aussi les petites entreprises ?
Oui — et de plus en plus : les escrocs savent que les TPE/PME ont des process de vérification plus légers que les grands groupes. Les secteurs à marchandises revendables (négoce, matériaux, high-tech, agroalimentaire) sont particulièrement ciblés.
Que faire immédiatement si je découvre une fraude ?
Stoppez toute livraison en cours, rassemblez les preuves (emails, documents, bons de livraison), déposez plainte, informez l’entreprise usurpée et votre assureur, et signalez sur cybermalveillance.gouv.fr. La rapidité conditionne les chances d’intercepter la marchandise.
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Publié le 22/09/2026 · 11 rue de Chartres, 92200 Neuilly-sur-Seine
Article rédigé par Decaux Assurances, courtier en assurances immatriculé ORIAS n°20005730, sous le contrôle de l’ACPR. Informations à caractère général, non contractuelles.
